incendie-et-ssiap

SSIAP 1 : formation, examen et missions de l'agent

9 min de lecture
SSIAP 1 : formation, examen et missions de l'agent

Le SSIAP 1 qualifie l’agent de service de sécurité incendie et d’assistance à personnes. Sa formation initiale représente 67 heures minimum selon l’arrêté du 2 mai 2005 modifié, sanctionnées par un QCM et une ronde devant jury. Prérequis : secourisme valide, aptitude médicale et maîtrise de l’écrit professionnel.

Le premier niveau de la filière, et ce qu’il autorise

Le sigle désigne le service de sécurité incendie et d’assistance à personnes, et le chiffre désigne l’échelon d’exercice. Le titulaire du SSIAP 1 occupe la fonction d’agent, celle qui se tient dans le bâtiment, pas derrière un bureau. Les deux niveaux au-dessus relèvent de logiques d’encadrement et de conformité détaillées dans notre présentation des trois niveaux SSIAP.

Un titre professionnel, pas un diplôme scolaire

Aucun niveau d’études préalable n’est exigé. La qualification s’obtient par une formation courte suivie dans un centre agréé, sanctionnée par un examen devant jury, et le titre est enregistré au répertoire spécifique tenu par France Compétences. Cette absence de barrière académique explique la place du SSIAP 1 dans les parcours de reconversion.

Attention à une confusion tenace : ce titre ne vaut pas carte professionnelle de surveillance humaine. Les deux relèvent d’autorités et de textes différents, comme le rappelle notre dossier sur le métier d’agent de gardiennage. Beaucoup de postes en établissement recevant du public réclament les deux titres simultanément.

Les établissements qui emploient ces profils

Le besoin naît du classement réglementaire du bâtiment. Les employeurs typiques se répartissent ainsi :

  • centres commerciaux et grands magasins,
  • hôpitaux, cliniques et établissements médico-sociaux,
  • hôtels, salles de spectacles, musées, parcs d’exposition,
  • établissements scolaires et universitaires de grande capacité,
  • gares, aérogares et pôles multimodaux,
  • immeubles de grande hauteur, régis par un corpus distinct,
  • sites industriels et logistiques, sur des logiques de risque propres.

Signalétique d’évacuation et issue de secours dégagée dans un couloir d’établissement recevant du public

Conditions d’accès : trois verrous avant l’inscription

L’article 4 de l’arrêté du 2 mai 2005 modifié conditionne l’entrée en formation initiale. Un centre sérieux vérifie ces pièces avant d’encaisser une inscription, et refuse un dossier incomplet.

Le secourisme en cours de validité

Le candidat présente une attestation de secourisme recevable : PSC 1 ou AFPS acquis depuis moins de deux ans, ou bien SST, PSE 1 ou CFAPSE en cours de validité. Cette exigence découle directement de la seconde moitié du sigle, l’assistance à personnes représentant une part réelle du poste.

Le maintien de cette compétence suit son propre calendrier, indépendant du recyclage incendie. Un SST se maintient tous les vingt-quatre mois, ce qui décale les deux échéances et piège régulièrement les agents peu attentifs à leurs dates.

L’aptitude médicale

Un certificat médical datant de moins de trois mois atteste l’aptitude physique à tenir la fonction. La rédaction du modèle prévu par l’arrêté porte sur la capacité à évoluer dans un environnement dégradé, à porter un équipement et à conduire un exercice d’évacuation.

La maîtrise de l’écrit professionnel

Le troisième prérequis surprend les candidats : savoir retranscrire une anomalie sur une main courante et donner l’alerte de manière compréhensible. Le centre évalue cette capacité avant l’entrée en stage. Le raisonnement se tient : une observation mal consignée ne sert à personne, et le registre constitue la seule trace exploitable après un incident.

Les 67 heures de formation, séquence par séquence

Le volume horaire minimal fixé par l’annexe II de l’arrêté du 2 mai 2005 modifié s’entend hors temps d’examen et hors déplacements. La plupart des organismes étalent la formation SSIAP 1 sur deux semaines consécutives, parfois trois en rythme aménagé.

Le socle théorique

L’enseignement couvre le feu et ses conséquences, la combustion, la propagation des fumées et le comportement des matériaux. Suit la réglementation applicable aux établissements recevant du public et aux immeubles de grande hauteur : principes de conception, dégagements, désenfumage, cloisonnement, classement des locaux.

Les installations techniques occupent un bloc dense : système de sécurité incendie, détection automatique, alarme, colonnes sèches, robinets d’incendie armés, moyens d’extinction, ascenseurs et installations électriques.

Les mises en situation

La partie pratique décide de la qualité réelle d’un stagiaire. Manipulation d’extincteurs sur feux réels, exploitation d’un tableau de signalisation, levée de doute, conduite d’une évacuation simulée, accueil des sapeurs-pompiers avec transmission d’un message clair.

Le choix du centre pèse ici plus que le prix. Un plateau technique équipé d’un vrai système de sécurité incendie forme différemment d’une salle avec un diaporama. La logique du terrain rejoint celle des rondes de sécurité et du pointage : un geste répété en formation devient un réflexe en situation.

Tableau de signalisation d’un système de sécurité incendie dans un poste central de sécurité

L’examen : un QCM et une ronde devant jury

L’évaluation finale comporte deux épreuves obligatoires, toutes deux à valider. Le jury associe un chef de service de sécurité incendie titulaire du troisième niveau et un président désigné par le directeur départemental des services d’incendie et de secours. Sur Paris et la proche couronne, cette présidence revient à un officier de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris.

ÉpreuveFormatCondition de réussite
ÉcriteQCM de 30 questions, 30 minutes, noté sur 2012 sur 20 minimum
PratiqueRonde d’environ 15 minutes par candidat, anomalies à traiterValidation par le jury

L’épreuve écrite balaye l’ensemble du programme. Une même question admet parfois plusieurs bonnes réponses, et cocher partiellement ne rapporte aucun point : cette mécanique explique une bonne part des échecs de candidats pourtant à l’aise sur le fond.

Ce que le jury observe pendant la ronde

L’exercice pratique reproduit une ronde de vérification dans un bâtiment, avec des anomalies volontairement disposées sur le parcours. Le jury regarde autant la détection que la conduite à tenir.

  • issue de secours condamnée ou obstruée,
  • extincteur déplacé, manquant ou sous pression anormale,
  • porte coupe-feu calée en position ouverte,
  • stockage sauvage dans une circulation ou un local technique,
  • éclairage de sécurité hors service,
  • travaux par point chaud sans permis feu affiché.

Repérer l’anomalie ne suffit pas. Le candidat annonce ce qu’il constate, indique la mesure conservatoire immédiate et précise ce qu’il consigne. Un stagiaire silencieux qui corrige tout seul perd des points, parce que la traçabilité fait partie du métier.

En cas d’échec

Un candidat recalé se représente devant un jury lors d’une session ultérieure, sans reprendre l’intégralité des 67 heures. La règle usuelle des centres agréés consiste à ne faire repasser que l’épreuve non validée dans un délai raisonnable, au-delà duquel la formation complète redevient exigible.

Le quotidien réel du poste

Les missions du service de sécurité incendie sont énumérées par l’arrêté du 2 mai 2005 modifié : prévention des incendies, sensibilisation des employés, entretien élémentaire des moyens de secours, alerte et accueil des secours, évacuation du public, intervention précoce, assistance à personnes et exploitation du poste central de sécurité.

Ce qui occupe les heures de vacation

La ronde structure la journée. Vérification des dégagements, contrôle visuel des moyens de première intervention, surveillance des entreprises extérieures, repérage des dépôts dans les circulations. La partie assistance à personnes arrive ensuite, et pèse plus lourd que ne l’imaginent les candidats : malaises, chutes, blessures légères, guidage des secours jusqu’au lieu exact.

L’exploitation du système incendie constitue le troisième bloc. Lire une signalisation, distinguer un dérangement technique d’une alarme réelle, envoyer quelqu’un vérifier avant toute décision : cette levée de doute obéit à la même rigueur que celle décrite dans notre article sur la levée de doute en télésurveillance.

Reste la sensibilisation du personnel de l’établissement, mission expressément citée par le texte et pourtant la plus négligée. Rappeler qu’une porte coupe-feu ne se bloque pas produit davantage d’effet qu’un équipement supplémentaire.

Les limites de la fonction

L’agent de service de sécurité incendie n’exerce ni pouvoir de police ni mission de surveillance humaine au titre du Code de la sécurité intérieure. Sans carte professionnelle, il ne filtre pas les accès, ne procède à aucune inspection de sac et n’intervient pas sur un différend entre personnes. Cette frontière se retrouve sur les grands rassemblements, où les dispositifs combinent plusieurs métiers, comme détaillé dans notre analyse de la sécurisation d’un concert.

Extincteurs et robinet d’incendie armé signalés le long d’une circulation intérieure

Recyclage triennal, remise à niveau et rémunération

Le titre ne s’acquiert pas définitivement. L’arrêté du 2 mai 2005 modifié impose un maintien des compétences dont les modalités dépendent de l’activité réellement exercée.

Situation de l’agentFormation dueDurée
Activité justifiée de 1 607 heures sur 36 mois, titre valideRecyclage14 heures
Interruption longue ou échéance dépasséeRemise à niveau21 heures

La condition d’activité surprend souvent : un titulaire qui a peu travaillé bascule en remise à niveau même si son échéance n’est pas atteinte. Un employeur rigoureux suit ces dates comme il suit la validité des cartes professionnelles, sous peine de découvrir un titre périmé le jour d’une visite de commission de sécurité.

Côté rémunération, la convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité, identifiant 1351, classe habituellement l’agent qualifié incendie au coefficient 140. Le minimum conventionnel associé s’établit à 1 965,78 euros bruts mensuels après la revalorisation de 2,8 pour cent entrée en vigueur au 1er janvier 2026. Les majorations conventionnelles s’ajoutent : 10 pour cent pour le travail de nuit entre 21 heures et 6 heures, 10 pour cent le dimanche, les deux étant cumulables.

Le coût de la formation initiale se situe le plus souvent entre 800 et 1 500 euros selon les tarifs pratiqués en 2026, l’écart tenant surtout à la région et au contenu des mises en situation. Plusieurs dispositifs de financement couvrent tout ou partie de cette dépense, du compte personnel de formation aux aides à la reconversion.

Poste central de sécurité et registre de main courante consultés lors d’une prise de vacation

Les postes accessibles avec ce seul titre

Le marché distingue deux familles d’emplois. La première regroupe les postes en régie, chez l’exploitant du bâtiment : hôpital, centre commercial, siège social doté d’un service intégré. Les plannings y sont plus stables, la connaissance du site s’accumule, et l’agent finit par repérer une anomalie avant même de la voir sur un tableau.

La seconde famille couvre les sociétés prestataires, qui affectent leurs agents sur les sites de leurs clients. La rotation y est plus forte, les vacations plus variées, et la polyvalence davantage valorisée. Un agent qui détient également une carte professionnelle de surveillance accède aux postes mixtes, nettement plus recherchés que les postes strictement incendie.

L’évolution vers le deuxième niveau ne se demande pas : elle suppose la détention du premier titre assortie d’une expérience professionnelle effective attestée par l’employeur. Un candidat qui vise l’encadrement gagne donc à choisir dès le départ un site où les responsabilités s’élargissent, plutôt qu’un poste confortable où la vacation se répète à l’identique pendant trois ans.

Prochaine étape pour un candidat sérieux : régulariser son secourisme et son certificat médical, puis comparer deux centres sur leur plateau technique avant de regarder le tarif. Un titre obtenu sans manipulation réelle se paie au premier vrai déclenchement.

#conditions d'accès formation ssiap 1 #déroulement examen ssiap 1 qcm et ronde #recyclage ssiap 1 tous les 3 ans #missions quotidiennes agent ssiap 1 en erp #salaire agent de sécurité incendie ssiap 1